La cosmologie –dont la cosmogénèse est le mystère – est « la science « (laïque) des lois générales par lesquelles le monde physique est gouverné ». Cette tentative d’expliquer la réalité du monde a donné les cosmogonies qui en sont les récits mythologiques et les « mythes fondateurs » de presque toutes les religions.
La théosophie est une forme de recherche philosophique et surtout religieuse, souvent à partir de l’ensemble des doctrines religieuses qui ont traversé l’Antiquité et se sont répandues en Occident. Elle favorise les aspects mythiques des « révélations » pour en chercher les origines et la « tradition primordiale ». Elle apparaît au 3ème siècle de notre ère chez les philosophes d’Alexandrie, que l’on appelait les « analogistes » en raison de leur habitude d’interpréter les légendes, mythes et contes sacrés selon une logique d’analogie et de correspondances — et d’autre part, à connaître l’expérience du divin par l’extase spirituelle et l’intuition directe.
Elle fut mise au « goût du jour » en Europe au 17ème siècle le « prince de la théosophie chrétienne », Jacob Böhme, et quelques autres dont Pierre Poiret et Antoinette Bourignon en France. Plus tard, en 1875, Helena Petrovna Blavatski fonda la « Société théosophique » pour définir thématiquement la doctrine de ses maîtres bouddhistes et hindouistes, publiant ensuite la « Doctrine secrète » avec l’aide de nombreux « vérificateurs » de tous bords et de toutes cultures – ce qui ne l’empêcha évidemment pas d’être assez violemment contestée (cf. l’article la concernant).
Dans la cosmologie comme dans la Théosophie, il y a toujours cette idée commune de « création et destruction » de « mondes » successifs, tant il semble que certaines traces d’existences antérieures demeurent inexplicables – également en fonction de la répétition des mythes « diluviens » dans pratiquement toutes les cultures.
La mythologie
H.P.B. était de ceux qui sont convaincus qu’aucun récit mythologique, aucun événement traditionnel du folklore d’un peuple, n’a jamais été, à aucune époque, une pure fiction, mais que chacun de ces récits possède un fond historique réel – alors que la plupart des penseurs de l’époque (19ème siècle) qualifiaient la mythologie « d’imagerie des cauchemars indigènes ».
Elle définit la mythologie comme « un mode primitif d’objectiver la pensée ancienne à partir de symboles. Elle était basée sur des faits naturels et elle est encore vérifiable dans ces phénomènes. Il n’y a en elle rien d’insensé, rien d’irrationnel, lorsqu’on la considère à la lumière de l’évolution et lorsque son mode d’expression par le langage des signes est complètement compris. »
Qu’est-ce qu’un symbole ? C’est une représentation concrète, un mot, une image qui doit amener à quelque chose d’autre, une pensée ou un concept plus abstraits.
Par exemple, lorsque les Egyptiens représentaient la lune par un chat, ils n’étaient pas assez ignorants pour supposer que la lune fût un chat, pas plus que leur fantaisie errante ne trouvait de ressemblance entre la lune et un chat. Le mythe du chat n’était pas non plus le simple développement d’une métaphore verbale et ils n’avaient pas davantage l’intention de proposer des énigmes… Ils avaient remarqué ce fait bien simple, que le chat y voyait dans l’obscurité et que ses yeux devenaient des ronds parfaits et luisaient davantage durant la nuit. La lune était la voyante de la nuit dans le ciel et le chat était son équivalent sur la terre, aussi le chat domestique fut-il adopté comme représentant, comme emblème naturel et vivante reproduction du globe lunaire… Et il s’ensuivit que le soleil, qui regardait le monde d’en bas pendant la nuit, pouvait aussi être appelé le chat parce que lui aussi voyait dans l’obscurité. La lune, en tant que chat, était l’œil du soleil parce qu’elle réfléchissait la lumière solaire et parce que l’œil réfléchit l’image dans son miroir. Sous forme de la déesse Pasht, le chat veille pour le soleil en écrasant de sa patte la tête du serpent des ténèbres, appelé son éternel ennemi !
C’est ainsi que l’on ne peut déchiffrer la mythologie – tout comme les Ecritures Saintes – sans connaître le sens des symboles qui la composent. Chaque symbole éclaire une idée spéciale et unique, et réuni avec d’autres symboles, forme un « emblème » ésotérique. (cf «la naissance des Mystères »)
Cela peut être donc écrit, mais une place particulière a été accordée à la parole, au travers des allégories et des paraboles. Pourquoi ? Parce que la parole articulée possède un pouvoir, non seulement inconnu et même insoupçonné des « sages » modernes, qui, naturellement, n’y croient pas ; parce que le son et le rythme sont étroitement liés aux quatre Eléments des Anciens et que telle ou telle vibration dans l’air doit inévitablement éveiller les pouvoirs correspondants, avec lesquels leur union produit, selon le cas, de bons ou de mauvais résultats.
Cette idée refait d’ailleurs surface actuellement, selon laquelle la pensée et la parole sont porteuses d’énergie et ne sont pas anodines dans leurs conséquences ; l’aile de papillon, ou la méthode « Coué » par exemple et la mode de la pensée positive, l’autosuggestion consciente, l’hypnose… Pratiques basées sur notre imagerie intérieure, et les symboles qui sont propres à chacun. Idem pour l’analyse des rêves…
Un emblème est donc un ensemble de symboles qui raconte une histoire. Le but de cette représentation, outre la conservation et l’expression des idées, a toujours été aussi d’entretenir un certain mystère autour de la doctrine ou du groupe ainsi évoqués. Leur sens profond n’est pas à mettre entre toutes les mains, et certainement pas celles du commun des mortels ou de « l’ennemi ». Pour pouvoir les déchiffrer en profondeur, il faut pour le moins s’y intéresser et se poser des questions !
Les limites de la compréhension scientifique
La science moderne n’est sûre d’elle-même que dans les limites physiques de notre système solaire, au-delà duquel tout diffère de ce qu’elle connaît, où la Matière existe dans des états dont elle ne saurait se faire la moindre idée, comme la théorie du génial Newton qui se heurte aux limites de sa compréhension du monde. Nous observons, nous déduisons mais nous ne comprenons pas. Nous pouvons juste dire qu’il y a eu une volonté créatrice et organisée à l’origine de tout cela, à l’instar du récent récent « Dieu, la Science, les preuves » de M.Y.Bolloré et O.Bonnassies
Même les orientalistes de tous bords ont leur limite : ils ne savent pas par exemple interpréter les écrits allégoriques des Aryens et les archives hiératiques de l’Egypte ancienne. Il est question également de l’origine des symboles d’écritures communs à toutes les langues (comme les chiffres arabes par exemple et qui serait le Senzar d’après H.P.B.[1]).
Idem pour quelques astronomes qui ont été amenés à envisager ces « mystères » eux-mêmes, car ils n’espèrent plus qu’il ne soit jamais possible d’expliquer l’origine d’une loi physique mécanique quelconque, à moins que la Science n’admette ces Intelligences, à l’instar de Kant qui le premier a émis l’hypothèse scientifique d’un Savoir et d’une Substance primordiale où le monde renaîtrait de ses cendres.
Nous ne pouvons donc approcher la réalité de ce monde que par une Intelligence non scientifique – intuitions soufflées par les Intelligences supérieures ou réminiscences cosmiques ?
D’où les cosmogonies
A suivre
[1] Cf article « Dans le vif du sujet »
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