Dans le vif du sujet

LA QUESTION

La cosmogénèse

Que nous sommes-nous raconté, depuis la nuit des temps ?

Comment expliquons-nous l’univers, où que nous soyons sur terre ?

C’est l’objet de la cosmogénèse, à travers les mythes, philosophies et religions (les cosmogonies) que nous avons forgés tout au long de notre histoire.

Un sujet « vastissime » mais passionnant… et ô combien instructif ! En tout cas et pour le moins sur toutes les possibilités humaines d’explication, si ce n’est  de compréhension, de phénomènes le dépassant.

Donc la première question que je me pose est alors est celle posée par le catéchisme ésotérique Senzar[1] :

« Qu’est-ce qui a été, qui est et qui sera, qu’il y ait un Univers ou non, qu’il y ait des dieux ou qu’il n’y en ait pas ? ».

Et l’on répond  » l’ESPACE ! », l’Ether primordial des grecs, l’Akasha des boudhistes… qu’il soit né du néant, qu’il ait toujours existé ou que ce soit le rêve d’un être intemporel… ou autre chose encore.

Recherche éternelle et espoir permanent… Platon ne disait-il pas déjà en son temps : « A présent vont se remettre en place les frontières entre le masculin et le féminin, les vivants et les morts, les êtres de légende porteurs de la terreur primitive et les hommes actuels qui, à l’instar de Socrate, s’efforcent de tisser pensées et paroles dans la clarté. » … Illusion…

A propos de cet « Espace » et pour en souligner la profondeur du mystère, à la fin du 19ème siècle, dans la revue « New Aspects of Life and Religions » du docteur Henri Pratt, s’il est dit : « Ce quelque chose d’inconnu, que nous venons d’identifier …, est invisible et impalpable et, s’il est invisible et impalpable, il est par conséquent inconnaissable. Et c’est parce qu’il est inconnaissable qu’est née l’erreur qui consiste à le supposer comme un simple vide, une simple capacité réceptrice. Mais, même quand on le considère comme un vide absolu, il faut admettre ou bien que l’Espace est soi-existant, infini et éternel, ou bien qu’il a une première cause en dehors, derrière, ou au-delà de lui-même… « ,

la perplexité demeure entière malgré tous nos progrès quantiques … « Et pourtant, si une telle cause pouvait être trouvée et définie, cela ne nous amènerait qu’à lui transférer les attributs qui, autrement, s’appliquent à l’espace, et ne ferait que rejeter d’un pas de plus la difficulté d’origine, sans que nous obtenions aucun supplément de lumière quant à la causation primaire. » … Impasse…

Cependant, si le docteur Pratt fait de cette idée d’Espace primordial un concept nouveau mais mystérieux, H.P.B.[2] ramène cette notion à ses origines humaines, c’est-à-dire comme le plus vieux dogme de l’occultisme, antérieur de milliers d’années au Pater-Aether (l’éther primordial) des Grecs et des Latins.

Elle se plongera dans l’étude des mythologies du monde, se rendant d’abord dans les bibliothèques tibétaines pour en trouver les traces, et consacrera sa vie à l’écriture de « La Doctrine Secrète ».

UN MANUSCRIT

Pour source un manuscrit archaïque – assemblage de feuilles de palmier rendues, par quelque procédé inconnu, inaltérables à l’eau, au feu et à l’air – consulté en Inde par H.P.B.

Sur la première page l’on voit un disque blanc immaculé, sur fond noir : il nous signifie clairement que ce plan circulaire est la seule connaissance – quelque embrumée qu’elle soit encore – qui soit accessible à l’homme.

 Sur la suivante, il y a un disque semblable, avec un point au centre. C’est le Point dans l’Œuf du Monde, le Germe qu’il contient deviendra l’Univers, le Tout, le cosmos illimité et périodique (car variant sans cesse).

A la troisième phase, le point se transforme en un diamètre : c’est le symbole de la Mère-Nature, divine et immaculée, dans l’Infinité absolue et qui contient et embrasse tout. – encore passive parce que féminine (déjà !). La première perception vague de l’homme, en ce qui concerne la procréation, est féminine, parce que l’homme connaît plus sa mère que son père. Aussi les divinités féminines étaient-elles plus sacrées que les masculines. La Nature est donc féminine, et, jusqu’à un certain point, objective et tangible, bien que le Principe Spirituel qui la fait fructifier soit caché.

Quand ce diamètre est croisé par un autre diamètre vertical ⊕, nous avons la Croix du Monde. L’humanité a atteint sa Troisième Race-Racine (3) ; c’est le signal du commencement de la Vie humaine.

Quand la circonférence disparaît et ne laisse que la croix, c’est le signe que la chute de l’homme dans la matière est complète, et la Quatrième Race commence.

Entretemps, l’homme aura fait de cette croix, en la séparant de son cercle, le symbole de tous ses désirs de compréhension ou de représentation comme de puissance : elle deviendra la croix ansée des égyptiens☥, le Svastika tellement mal utilisé par certains ou la croix du sacrifice chrétien (4)…  On intègrera ainsi dans ce cercle d’autres éléments tout en se référant à la présence initiale du rond blanc, comme pour l’étoile renversée du Kali Yuga (5), qui est formée de 2 triangles inversés et qui deviendra le symbole de la sorcellerie humaine…  (cf. chapitre « Histoires de croix »).

EN BREF

Pour en finir – un tant soit peu – avec cet espace primordial, qui est la source de tant de discussions et controverses, les occultistes de tous genres ne sont d’accord que sur une chose : l’’espace n’est ni un « vide sans limites » ni une « plénitude conditionnée », mais l’un et l’autre ; c’est aussi – sur le plan de l’abstraction absolue, la Divinité à jamais inconnaissable qui n’est vide que pour les esprits finis… que nous sommes.

Une idée commune toutefois est que la naissance d’un monde, même harmonieux, est souvent la résultante de luttes et de sacrifices, de conflits entre forces antagonistes, l’ordre et le désordre, la lumière et les ténèbres, etc. C’est le chaos originel qui, bien qu’en désordre, contient tous les éléments fondateurs d’un univers et d’une humanité elle-même pétrie de bien des contradictions.

Ainsi, « sur la terre comme au ciel » fonctionne finalement dans les 2 sens : projection de la dualité désordonnée des hommes vers le ciel, et tentative du même homme de s’aligner sur l’ordre serein et immuable (sauf accident) des cieux.


[1] Dans la bibliothèque de chaque monastère Tibétain on peut trouver 35 volumes de Kiu-Té, écrits dans des buts exotériques, à l’usage des laïques mais aussi 14 volumes de commentaires sur ces ouvrages, et qui sont l’œuvre des traducteurs initiés. Chez nous ce livre est très peu connu alors que son origine est beaucoup plus ancienne que la bible. Il est écrit en Senzar, une écriture originelle faites de signes.

[2] H.P.B. est Helena Petrovna Blavatski ; voir le texte à son sujet

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