LA QUESTION 2
Que faisons-nous là ?
Je dirai presque : dans cette galère ? Pas très original, je le reconnais, mais réellement mon plus vieux souvenir. Je crois m’être toujours posée cette question, comme beaucoup d’autres il me semble.
« Les Causes de l’Existence » signifient non seulement les causes physiques connues de la Science, mais aussi les causes métaphysiques, dont la principale est le désir d’exister. Ce désir d’une vie sensible se montre en tout, du quark à l’univers : c’est une réflexion de la Pensée Originelle projetée dans l’existence objective comme loi qui veut que l’Univers existe.
Selon l’enseignement ésotérique, la cause réelle de ce désir supposé d’existence restera à jamais cachée, et ses premières émanations sont encore les abstractions les plus complexes que le mental ne puisse jamais concevoir.
Il nous faut donc postuler ces abstractions comme cause de notre Univers, car il est impossible de concevoir quoi que ce soit sans une cause ; à commencer pour la Science et la Religion qui ont besoin de tout expliquer pour bâtir leurs théories respectives – la différence entre les deux étant que la science démontre tandis que la religion assène.
D’une manière plus imagée, nous pourrions dire que Dieu s’ennuyait dans son immense solitude et non-existence puisque personne ne pouvait l’imaginer, et qu’il fit « exploser » le ciel, son habitat, pour créer un immense théâtre dont il serait le metteur en scène… d’aussi loin que possible visiblement…
Pour autant, un début nécessite-t-il une fin ?
« Cette fin apparaît régulièrement comme étant « la fin du monde », sans aucune sorte de réserve ou précision, seulement à ceux qui ne voient rien au-delà des limites de ce cycle particulier ; une très excusable erreur de perspective, il est vrai, mais qui a néanmoins quelques conséquences regrettables par les terreurs excessives et injustifiées qu’elle provoque chez les gens qui ne sont pas suffisamment détachés de l’existence terrestre… Alors qu’on peut dire en toute vérité que la fin d’un monde n’est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d’une illusion, et le début d’une autre… » (René Guénon, « Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps »)
Est-ce que ce que nous nommons la Foi se situerait là ? : « Ceux qui réussiront à triompher de tous ces obstacles et à triompher de l’hostilité d’un environnement opposé à toute spiritualité seront sans aucun doute un petit nombre ; mais, une fois encore, ce n’est pas le nombre qui compte ici, car c’est un royaume où les lois sont assez différentes de celles de la matière.
Il n’y a donc pas de raison de désespérer ; et même là où il n’y a aucun espoir de parvenir à un résultat visible avant l’effondrement du monde moderne dans une catastrophe, ce ne serait pas encore une raison valable pour s’abstenir de se lancer dans un travail dont la portée s’étend bien au-delà du temps présent.
Ceux qui pourraient se sentir tentés de se livrer au découragement devraient se rappeler :
- que rien de ce qui s’accomplit dans ce monde ne peut être inutile,
- que la confusion, l’erreur et l’obscurité ne peuvent jouir que d’un triomphe trompeur et purement éphémère,
- que toute sorte de déséquilibre partiel et transitoire doit nécessairement contribuer au grand équilibre du tout,
- et que rien ne peut finalement prévaloir contre la puissance de la vérité ;
Ils devraient ainsi prendre pour devise celle qui fut adoptée en d’autres temps par certaines organisations initiatiques en Occident : Vincit omnia Veritas. (La Vérité triomphe de tout). »
Source : Undercover n° 20
Laisser un commentaire